Il y a 40 ans ce mois-ci, une catastrophe nucléaire et radiologique survenait à la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine). Cette tragédie reste déterminante pour la définition de stratégies mondiales en matière d’intervention d’urgence et de santé publique.
L’heure n’est pas seulement au recueillement ; il s’agit aussi d’appeler à renforcer la préparation face aux risques de notre époque, notamment les menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires.
L’héritage de Tchernobyl a joué un rôle essentiel pour l’établissement de normes mondiales en matière de radioprotection, d’intervention d’urgence et de surveillance sanitaire de longue durée. Dans le contexte actuel, caractérisé par des risques complexes (notamment en raison de la guerre qui se poursuit en Ukraine), ces enseignements sont plus pertinents que jamais.
Se préparer pour ne plus revivre de tragédie
Les 25 et 26 avril, lors d’une conférence internationale qui s’est tenue à Kyiv pour marquer le 40e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, organisée avec le soutien financier de l’Union européenne, des experts ont analysé les conséquences sanitaires à long terme de l’exposition aux rayonnements (notamment les maladies induites par les radiations) et se sont penchés sur la surveillance environnementale et les stratégies visant à renforcer la préparation aux situations d’urgence.
Cet événement a mis en évidence un message clair : la préparation sauve des vies. Alors que l’Ukraine continue de faire face à des risques accrus, le renforcement de la préparation à de telles situations d’urgence est devenu une priorité absolue pour le système de santé.
L’OMS soutient le renforcement de la préparation à tous les niveaux du système
L’OMS aide l’Ukraine à renforcer à la fois la préparation nationale et les capacités du système de santé de première ligne pour faire face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires.
Ce soutien se présente sous la forme d’une évaluation des besoins et des lacunes, d’une analyse des risques, de l’élaboration de protocoles d’urgence, de formations ciblées destinées aux personnels de santé, de l’acquisition de matériel et d’exercices de simulation visant à tester la coordination et la prise de décision en situation d’urgence. Ces efforts permettent de garantir que les professionnels sont prêts à intervenir sans hésiter lorsqu’on fait appel à eux.
« Les conséquences de Tchernobyl continuent d’influencer la manière dont nous nous préparons à gérer des situations d’urgence sanitaire complexes aujourd’hui », déclare Jarno Habicht, représentant de l’OMS en Ukraine.
« La préparation ne consiste pas seulement à réagir aux crises ; il s’agit de veiller à ce que les systèmes de santé soient prêts à protéger la population avant même que les situations d’urgence ne surviennent », ajoute Jarno Habicht.
« En Ukraine, le renforcement de la préparation face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires constitue un investissement essentiel pour la sécurité sanitaire. Grâce à la formation, à la fourniture d’équipements essentiels et à une coordination intersectorielle, nous contribuons à faire en sorte que les personnels de santé et les premiers secours puissent agir avec rapidité et efficacité. »
L’OMS travaille en étroite collaboration avec les hôpitaux, les services médicaux d’urgence et les organismes de santé publique afin de renforcer la planification en prévision de situations d’urgence, d’améliorer les systèmes de triage, de renforcer les capacités de décontamination et d’assurer le transport des patients en toute sécurité.
Tout au long de l’année 2026, l’OMS continuera d’élargir son soutien, en mettant l’accent sur des exercices de simulation, le renforcement de la coordination entre les établissements de santé et les services d’urgence, et la poursuite des investissements dans la préparation des hôpitaux et les capacités du personnel.
Les efforts consentis viseront également à renforcer la coordination interinstitutionnelle, conformément aux meilleures pratiques internationales.
Des résultats concrets depuis 2022
Depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022, l’OMS a considérablement renforcé son soutien à la préparation face aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires :
- plus d’une centaine d’établissements médicaux ont été équipés de matériel spécialisé : kits de décontamination, dosimètres, spectromètres, etc. ;
- plus de 4 600 professionnels de santé, répartis dans environ 150 établissements, ont été formés ;
- quelque 361 000 personnes ont bénéficié indirectement des interventions soutenues par l’OMS.
Les formations ont principalement porté sur la préparation aux risques chimiques, les interventions en cas d’urgence radiologique, les opérations de décontamination et les exercices de simulation, afin de garantir que les installations de première ligne seront mieux préparées à intervenir.
Dans le cadre d’efforts visant à renforcer la préparation au sens plus général, le Centre national ukrainien pour la médecine radiologique, l’hématologie et l’oncologie, qui est un centre collaborateur de l’OMS et fait partie du Réseau de préparation et d’assistance médicales en cas d’urgence radiologique, a joué un rôle de premier plan.
En collaboration avec le bureau de pays de l’OMS en Ukraine et le Siège de l’OMS, ce centre a mis en place un programme national de formation sur la préparation aux événements radionucléaires.
Une leçon qui restera gravée dans les mémoires
Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, la leçon à en tirer reste claire : se préparer n’est pas facultatif, c’est indispensable.
Tandis que l’Ukraine tente toujours de gérer les conséquences des catastrophes passées et les risques liés aux situations d’urgence actuelles, il sera essentiel d’investir de manière durable dans la résilience du système de santé et la préparation aux situations d’urgence pour protéger des vies.
Ce 40e anniversaire n’est pas seulement une occasion de se souvenir, mais aussi un appel à l’action, pour veiller à tirer les leçons de Tchernobyl et à ne jamais les oublier.

