Les 4 et 5 juin, les ministres de la Santé et des délégués de haut niveau des 12 plus petits pays de la Région européenne de l’OMS se réuniront à Riga (Lettonie) à l’occasion de la 12e réunion ministérielle de haut niveau de l’Initiative des petits États de l’OMS/Europe. Cette année, la réunion ministérielle sera consacrée à l’un des défis les plus urgents auxquels sont confrontés les systèmes de santé aujourd’hui : la constitution d’un personnel de santé résilient, durable et préparé pour l’avenir.
Organisée conjointement par l’OMS/Europe et le ministère letton de la Santé, cette réunion de 2 jours, placée sous le thème « De la pénurie à la pérennité : les petites nations peuvent-elles être à l’avant-garde de l’innovation en matière d’effectifs de santé ? », offrira aux pays une tribune leur permettant d’aller au-delà du simple diagnostic des défis pour s’orienter vers des solutions concrètes et coordonnées. Au cœur de cette démarche se trouve une priorité claire et urgente : veiller à ce que les systèmes de santé disposent du personnel nécessaire pour répondre aux besoins croissants de la population, faire face aux crises et maintenir les services essentiels.
Pourquoi mettre l’accent sur le personnel de santé ?
Dans la Région, le personnel de santé est devenu le facteur déterminant qui permet de savoir si les pays sont en mesure de dispenser à leur population des soins de santé durables et accessibles à tous. Les petits États, en particulier, sont confrontés à une convergence de pressions qui menacent leur capacité à protéger la santé de leur population et à maintenir un personnel de santé résilient, notamment l’intensification des risques pour la sécurité sanitaire, le double vieillissement de la population et du personnel de santé, les pénuries persistantes et la répartition inégale des ressources, ainsi que les flux migratoires et les mouvements de main-d’œuvre entre les secteurs public et privé qui ont un effet déstabilisateur.
La taille réduite du marché du travail, les capacités de formation limitées et la forte exposition aux chocs externes rendent ces systèmes particulièrement vulnérables à des contraintes telles que la pénurie de main-d’œuvre, les migrations, le vieillissement de la population et l’augmentation des risques pour la sécurité sanitaire.
La réunion de Riga rassemblera les ministres afin de relever ces défis de front, en mettant l’accent sur les points suivants :
- la sécurité, la viabilité et la résilience des systèmes de santé ;
- l’amélioration des politiques, de la gouvernance et de la planification ;
- le développement de la diversité des compétences ;
- le renforcement du leadership infirmier et des approches de soins pluridisciplinaires ;
- l’amélioration de la rétention et du bien-être du personnel ;
- l’exploitation des technologies numériques, notamment de l’intelligence artificielle, pour optimiser les capacités.
La réunion devrait déboucher sur l’adoption d’une déclaration finale commune définissant les orientations stratégiques pour les 12 pays et l’OMS/Europe sur ce thème précis.
La réunion de Riga s’inscrit dans le prolongement des engagements pris précédemment par l’Initiative des petits États, et s’aligne étroitement sur les priorités du Deuxième Programme de travail européen 2026-2030 (2e PTE) de l’OMS/Europe et du Cadre d’action pour les personnels de santé et d’aide à la personne dans la Région européenne de l’OMS 2023-2030. Elle reflète une compréhension partagée : investir dans le personnel de santé n’est pas seulement une priorité politique, mais une condition préalable à des systèmes de santé résilients et à des populations en meilleure santé.
Alors que les petits États continuent de faire preuve d’une grande capacité d’innovation, les enseignements et les solutions issus de cette réunion devraient avoir un retentissement bien au-delà de leurs frontières, démontrant ainsi que lorsque les petits États montrent la voie, les autres peuvent suivre.
Cette initiative offre aux pays une plateforme unique leur permettant de collaborer, de partager leurs données d’expérience et d’élaborer des mesures innovantes adaptées à leur contexte spécifique.
À propos de l’Initiative des petits États
Créée en 2013, l’Initiative des petits États est un réseau regroupant 12 pays dont la population ne dépasse pas 2 millions d’habitants, à savoir l’Andorre, Chypre, l’Estonie, l’Islande, la Lettonie, le Luxembourg, la Macédoine du Nord, Malte, Monaco, le Monténégro, Saint-Marin et la Slovénie.

